Sur une photo de Francis Pessein

Une histoire de moutons, de route, de maisons … et une invitation 

La plaine est brûlée, roussie par les écarts de température. Un vent, froid en été et glacial en hiver, la balaie impitoyablement à longueur d’année. Une barrière de monts s’élève au loin et barre l’horizon. Quel pays d’apparence inhospitalière !

Il me tarde de rejoindre le petit hameau où m’attend mon amie. La route se perd entre pierres et prairies et on n’avance pas. Des moutons ont décidé ce matin d’encombrer le seul accès possible aux maisons. Ils vont à petits pas de moutons vivre leur vie de moutons, broutent d’un côté et de l’autre des fossés. Ce ne sont pas les quelques coups d’avertisseur qui les feront changer de chemin. Autant prendre son mal en patience et profiter du paysage qui s’étend alentour.

J’ai le temps de relire la lettre de mon amie et cela me réconforte en songeant au poêle de faïence blanche réchauffant sa maison. Un thé fumant et quelques délicieuses pâtisseries sur la table me feront oublier le long chemin jusqu’à ce hameau perdu au delà du cercle arctique.  Elle m’avait promis un dépaysement total et je commence à comprendre ce que cette petite phrase sous entendait. Enfin la route permit à la voiture de se dégager du méli mélo de toisons blanches à têtes noires et d’accélérer.

Une autre surprise était là. La maison était là mais je ne la voyais pas. Mimétisme du paysage et des habitations aux toits de paille, d’herbes sèches où seules quelques taches blanches signalaient les petites façades aux fenêtres étroites. Elles s’alignaient sagement, toutes sœurs, blanches aux portes colorées.

Il ne manquait plus qu’à franchir le seuil de cette maison de poupée cachée au creux des herbes pour enfin aller s’asseoir près du poêle.

Nous étions arrivés au pays de glace.

 

 

I mmensité froide et geysers brulants,

S olitude des terres balayées par les vents,

L ueurs étranges au cœur de l’hiver,

A moncellement de congères et de glace,

N eiges blanches et nuits noires

D istances interminables et routes désertées,

E ntre feu et glace vous choisirez.

 

Hélène.

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