De sorties en découvertes …

Notre atelier « l’Ecume des mots », de Fouesnant, aime vadrouiller, souvent, hors les murs, et particulièrement pour les expositions, dont les oeuvres nous inspirent.

L’Archipel, à Fouesnant

Voici Nicolas Lambert et ses animaux : un thème qui va nous enchanter, certainement !

Cliquez sur la photo pour vous en faciliter la lecture.

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Exercice de style : Ravi.

Exercice de style : Ravi, émerveillé.

Oh, regarde, mon garçon, regarde ! Non, pas à la boulangerie, pas les croissants, non. Regarde cette petite dame, toute mignonne, toute souriante. Regarde donc ces jolies moufles aux couleurs de Noël, ces teintes bariolées qui se marient avec son teint si frais ainsi, si enjoué ! C’est si croquant, j’en suis émue à pleurer, bouleversée.

Mais regarde donc, petit, regarde : on dirait la femme (ou la maman ?) du Père Noël ! Mais elle ne va pas s’arrêter pour la photo, non. Elle, c’est une vraie. Et puis, elle connaît les belles manières : Elle a attaché son chien, bien plus grand qu’elle, ma foi, à un poteau sur le trottoir, avant de pénétrer dans la boulangerie (un lévrier afghan … Elle connaît bien toutes les règles de la bonne société.

Comment ça, et moi ? Bien sûr, je respecte aussi les bonnes manières. D’ailleurs je vais aussi acheter quelque chose, en n’oubliant pas de faire, avant de sortir, des petits bisous charmants et charmeurs à la petite vendeuse.

Quel bonheur !

Oui, mais … Attention au chien !

Les doubles consonnes:

la PR

Il s’appelle Prit, on ne prononce pas son prénom. Il se promène prudemment dans son champ de pruniers. Son pas est précis. Il pratique le ramassage des prunes. Il habite le prieuré de St Priest, mais il n’est pas le propriétaire. Il cueille des prunes avec précision et dit aux visiteurs:

pre, pre, pre, prenez quelques prunes, elles sont propres et délicieuses..

…..eh oui, Prit à un problème de prononciation!!

Une fois prêtes, Prit préparera ses prunes en de délicieux pruneaux.

L’année dernière, il a même eu le premier prix !!

 

Le départ de la course du rhum à St Malo: un vrai cauchemar !!!!!

Le week end s’annonçant pas trop mal, je décide de partir à St Malo pour voir le départ de la course du rhum. La route défile devant moi et je me remémore les départs de cette course, il y a longtemps de cela où la fine équipe composée de Riguidel, Kersauson, Colas et bien d’autres attirait une foule considérable. J’habitais à quelques kilomètres de St Malo et le soir venu, nous pouvions bavarder avec eux dans un des troquets de la rue de la soif.

Je cherche une place où me garer, pas trop loin des quais où je peux observer ces monstres de la mer. Je flâne quand j’aperçois un ami qu me fait de grands signes. Il a un vieux bateau de pêche et de son emplacement, on peut  assister au départ de la course. Ravie de cette invitation, je monte à bord. Il offre un cocktail et pas mal de monde se retrouve pour cette occasion. Je lui propose mon aide et il me demande d’aller chercher du ravitaillement dans une des cales. Je ne suis pas très à l’aise sur les bateaux, mais j’y vais. Je descends les marches, cherche la lumière que je ne trouve pas. Tant pis, je me dirige à tâtons, ouvre une porte, et entre dans une pièce   quand soudain la porte se referme brutalement à cause du roulis. Je pousse un cri. Une odeur de poisson et de gaz- oil me donne la nausée. J’entends des pas sur le ponton, j’appelle, je tambourine contre la cloison, impossible de retrouver la porte dans le noir.Le temps passe, je commence vraiment à tourner de l’oeil quand j’aperçois enfin de la lumière. Quelqu’un descend et la porte s’ouvre enfin sur la dernière personne à laquelle je m’attendais: Olivier de Kersauson !!!!

-oh un passager clandestin, allez ma petite dame, me dit-il, venez donc prendre une bouffée d’air pur, vous en avez grand besoin !

Il n’a pas changé, celui la, me dis-je, contente de revoir le jour.

J’hésite …

Exercice de style : Hésitations.

Une dame, étrangement drapée dans un grand manteau blanc (ou rouge ? je ne sais plus), tournait et se retournait dans tous les sens, pensant qu’il était temps qu’elle arrête de faire la poule saoûle et qu’elle se décide (ou non) : des pains au chocolat, demain matin, au tidej ? Ou pas ?. Elle se dirigea d’abord, en trois ou quinze pas précipités, ou lents, – c’est selon, et tout à fait subjectif, on est sportif ou pas – vers une devanture de boulangerie, sur laquelle son chien (mais n’était-ce pas plutôt un chat?)  laissa un souvenir liquide et jaune.
Mais elle n’y entra pas : son chien ne voulait pas, et tirait tellement qu’elle finit par le suivre, jusqu’au commissariat de police. Ou un hôpital, je ne sais plus. En tout cas il y avait beaucoup de gens masqués, avec des gants, et ça criait de tous côtés. Donc, impossible de savoir. Ah si, elle a vu « Urgences ». Mais non, pas plus avancée…
La tête commençait à lui tourner. Une brouette – ou un lit à roulettes ? –  la dépassa en trombe, et elle reprit connaissance dans le bloc opératoire, à l’ambiance très joyeuse aujourd’hui, grâce aux airs de biniou et les danses bretonnes et les chants entonnés par… Étaient-ce des policiers, ou des infirmières, ou des médecins, ou des malades qui n’en pouvaient plus d’attendre, ou des malades déjà soignés mais ne trouvant pas la sortie…?
Elle pensa : « Mais au fait … où est donc passé mon chien, dans l’histoire ? Il faut absolument que je le retrouve… Oh, et puis non ! »

Enjoleuse

Un « exercice de style », un vrai de vrai, de Raymond Queneau dans son intégralité (99 textes, avec 99 thèmes) :

http://www.oasisfle.com/ebook_oasisfle/exercices%20de%20style%-%20queneau_raymond.pdf

Bonne lecture !

J’ai commis ceci :

« Enjoleuse »

(Sur un quai de gare, une jeune femme rencontre un homme

qui lui jette un regard, puis elle entre dans la boulangerie …)

Sur un quai de gare

Gare, gare, gare au train

Prends garde à toi

Une jeune femme

J’te l’avais bien dit

Toutes sont des pièges

Gare aux appâts

Elle rencontre un homme

Elle l’a cherché

Il l’a cherchée

C’est le destin

Ils le voulaient bien

Elle lui jette un regard

Enflammé le fond des yeux

Piégé le p’tit chéri

Elle entre dans la boulangerie

Et commande une couronne

C’est ce soir qu’elle se marie

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Exercices de style

Les exercices de style, de Raymond Queneau

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exercices_de_style

ou l’art et le jeu d’écrire 99 textes, de 99 façons différentes,

avec pour point de départ la phrase suivante :

« Une dame entre dans une boulangerie avec un chien. »

Descriptif.

Une belle dame, coquette, de la grande ville du bord de mer, pénètre avec précaution, puis en éclatant de rire, dans une boulangerie toute blanche, toute petite, et presque invisible, au fond de la rue. Il s’en exhale un délicieux parfum de pains au chocolat. Elle tire tout à coup, furieusement, sur la jolie laisse rouge de son chien saucissonné, qui freine des pattes avant, car il n’aime pas ça, le chocolat. Et puis c’est très mauvais pour les chiens, voyons.

Précis.

La jolie – quoique défraîchie – vendeuse des Dames de France, à Paris XVème – mais si, vous savez bien, en haut à droite de la station de métro Général Boulanger – s’arrange avec soin et méticulosité avant d’entrer dans une échoppe ravissante, à la devanture qui scintille de dorures, de décorations vertes et rouges de Noël.

Avant d’ouvrir la porte trop lourde (8 kg, c’est bien trop lourd pour elle, son mètre cinquante huit, et ses quarante sept kg …) trop lourde, disais-je, de cette boulangerie, elle jette un regard curieux sur le mur d’en face : Près de la station des Vélibs entassés en vrac sur le trottoir s’étale fièrement, en grandes lettres blanc sale qui dégoulinent, l’injonction : «  Défense d’afficher, loi du 14 juillet 1881 ».

Elle sursaute : « C’est la date de naissance de ma grand-mère ! » Il faut dire que c’est Léone, sa grand-mère paternelle, elle n’a pas connu l’autre, dont le mari est mort à Verdun. 

Elle se tient droite dans la boutique ; le choix va s’avérer difficile, entre tous ces merveilleux gâteaux multicolores, éclairs, choux, Paris-Brest … Vous ne voulez pas que je vous raconte l’histoire du gâteau Paris-Brest ?

Son chien est resté dehors, attaché à un réverbère noir verni, pas encore allumé car la ville fait des économies depuis 26 jours et demi. Il n’a pas le droit d’entrer ; son air renfrogné et ses babines qui vibrent en sont la preuve.

Elle ajuste tranquillement ses bésicles à monture or, relève la tête et sa chevelure bouclée comme celle d’une petite fille, et commande à voix basse deux pains au chocolat à la petite jeune fille dont je vous parlerai car il est déjà 17h42min34s et elle vaut le coup qu’on s’y attarde, ne serait-ce que 18 minutes et douze secondes.