Prise de tête entre un perroquet en colère et son maître

Non, non, cent fois non… Tu ne viendras pas à la mairie pour mon mariage et tu ne seras pas mon témoin ! C’est le Docteur BYZAR, psychiatre, mon amie, je te l’ai  déjà dit, espèce de perroquet mal embouché !

Mais pourquoi ? J’amuse les gens, je chante, je parle, …

Oui, pour ça, tu parles à tort et à travers, comme un perroquet de la capitale.

C’est pas vrai, c’est toi qui m’a appris à parler !

Je t’ai dis non parce que je te connais, tu ne pourras pas t’empêcher de faire le singe !

Moi, un perroquet, faire le singe, mais ça va pas !

Je te le répète, c’est non. Tu n’es pas invité et ma promise ne t’aime pas beaucoup. A force de la charrier sur son nom qui est je te le rappelle Docteur Roselyne BARGEOT, psychiatre, toi tu répondras que le Docteur O. TAQUET, c’est-à-dire, MOI, est absent, tu feras rire toute la salle.

Alors, puisque c’est comme ça, je bats des ailes et piaillerai jusqu’à ce que tu dises oui.

Pas la peine…  C’est non et pour te prouver que tu me fâches, je vais jeter ta cage dorée, la piétiner, l’aplatir, à défaut de te donner une volée pour la peine.

Arrête, arrête … ma cage … ma …c..a.. g.. e … Bon, j’ai réfléchi … alors je dirai rien… si tu me donnes un sac de cacahuètes bien craquantes.  Je resterai sur mon perchoir et serai muet … comme une carpe,

Toi, muet, je ne te crois pas !  Tu es suffisamment malin pour parler à ma place et quand Mr le Maire me demandera de dire OUI à Roselyne, toi, tu diras dans mon dos  un NON sonore et cela jettera la confusion. Tu ne peux pas t’en empêcher. Mr le Maire s’interrogera, La mariée pleurera, mes beaux-parents seront effondrés, les témoins très gênés et personne ne comprendra que c’est de l’humour noir de perroquet blanc comme neige.

Et puisque tu ne poses pas la question, tu ne viendras pas non plus avec nous en voyage de noces à Venise. Tu iras en pension chez mon confrère Claude MINOUX, déverser à ses chats ton répertoire grossier, comme un perroquet défrisé !

Mais, mais …  Il s’étouffe cet imbécile !

Cr… cr… cr…

Hélène.

Un village bien ordinaire……

Utilisation des Aptonymes

Il faisait bon ce matin là sur la place du village. C’était jour de marché et les commerçants papotaient entre eux, en attendant les premiers clients.

Fernande et Germaine aimaient se retrouver sur leur banc favori pour se raconter les potins du moment et aussi, et surtout, observer les allées et venues des nouveaux habitants.

Fernande n’avait jamais quitté son village. Elle connaissait tout le monde. Germaine, elle, avait vécu dans le sud de la France, mais après le décès de son mari, elle voulait renouer avec ses origines bretonnes et avait choisi ce joli village près de la mer. Fernande était une vraie pipelette, et à peine assise, elle commençait son bavardage :

-bonjour Germaine, fait beau aujourd’hui, y’a du monde dans le bourg ce matin, et du beau monde, regarde moi çà, là, à gauche, devant l’étalage de Monsieur JAMBON, le charcutier, il y a Josiane TIREMOILOSS, c’est l’ostéopathe, elle est sympa , pas fière pour deux sous, elle est en conversation avec Roselyne BARGEOT, la psy.…….on l’appelle la grande duduche, elle doit bien mesurer 1m80 et rigole tout le temps, et le monsieur qui est à côté d’elle, c’est le prof de français, monsieur HIGNARD..…..avec un nom pareil, je me demande ce qu’il enseignait à ses élèves !!!!!

Tu vois, Germaine, si tu veux manger du bon pain, tu vas à la boulangerie de monsieur LAMICHE, il est installé dans le village d’à côté, mais ne rate jamais un jour de marché….A ce qu’il parait……il aurait eu une petite histoire….tu vois ce que je veux dire Germaine, hein ? …..avec notre fleuriste, mademoiselle FOUGERES !!!!!bon, çà les regarde après tout ….

Regarde qui voilà, Germaine…….ta kiné préférée, Céline BOITEUX !!!!elle se dirige chez LAMESCH, le coiffeur. Elle y va une fois par semaine, et tu ne sais pas la dernière, à ce qu’ il parait…..elle aurait téléphoné à Benjamin MILLEPIEDS pour qu’il fasse entrer sa fille dans le corps de ballet de l’opéra de Paris !!!!mais pour qui elle se prend celle là !!!!

Bon Germaine, t’as pas causé beaucoup aujourd’hui, on se voit la semaine prochaine ? j’ai mon gratin à préparer …..bonne journée !

Maryse

Dès les premières notes…….

Texte de Monique R.

Dès les premières notes, je suis bien loin d’ici : au Japon.

Le printemps s’éveille, la campagne japonaise resplendit sous le soleil, les cerisiers en fleurs offrent une palette éblouissante. Des nuages entiers de pétales nacrés s’envolent au vent et viennent tapisser les jardins romantiques et si bien dessinés. Les bassins se couvrent d’un voile rose qui frémit sous la brise légère. De magnifiques cerfs volants aux couleurs somptueuses comme des papillons géants, parcourent le ciel vaporeux.

C’est l’harmonie parfaite entre une mélodie : hojo no tsuky ( symbole du déclin de la tradition japonaise des siècle révolus) et le printemps éternel au pays du soleil levant..

Dialogue entre le perroquet et l’homme: Odette

  • alors ça te soulage de tout casser?sale gosse! tout ça parce que je n’ai pas voulu te donner une plume de ma crête? tu préfèrerais peut-être une plume de mon derrière…tu peux toujours courir
  • mais non pas du tout!
  • si !si! je sais que tu veux me piquer des plumes pour les offrir à ta dernière conquête, cette bécasse bien plus jeune que toi… trente ans au moins!
  • Tu racontes n’importe quoi!
  • Non, non , je t’ai vu avec la jeune idiote et beeernaaard par ci et beeernard par là!
  • Mais… mais… mais…
  • et bien je vais tout raconter à Joséphine dès qu’on sera à l’abri des berlines
  • non, je t’en supplie …pas à Joséphine, elle va me mettre dehors et là où je vais aller?
  • Fallait réfléchir avant de tout casser
  • Jooosephiiiiiine ! Jooosephiiiiiiine, viens vite, j’ai quelque chose à te dire
  • Tasi-toi, tais toi bon sang!
  • Joooséphiiiine! Joooséphiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiine!

le lai au coudrier

                                 L’attente

Tous deux nous sommes

Les doigts d’une seule main,

Ensemble nous ne faisons qu’un,

Douce caresse ou ouvrière, comme

La main qui protège et aime,

Nos doigts à peine se touchent,

S’aventurent sur nos tendres bouches,

Dans un élan qui se veut extrème.

Rien ne peut résister au désir,

Dans l’attente infinie du plaisir.
Gérard

L’homme et le perroquet

Hé, qu’est-ce qui te prends? Tu as vu ce que tu as fait! T’es idiot ou quoi? C’est quoi ton problème? Ma maison! Ma maison! Je ne t’avais rien demandé!

– Ce qui devait arriver est arrivé, j’en avais marre de voir ta cage rouillée et pas du tout entretenue, tu as vu dans quel état  tu l’as mise? Tu n’es pas d’accord?

Mais je ne t’avais rien demandé, ma maison me convenait comme elle était, tu n’avais pas à la détruire, je n’avais qu’à la nettoyer, tu es un imbécile, un imbécile, un imbécile! Et je me contrôle, espèce d’abruti! Ma maison! Ma maison! Où est-ce que je vais dormir maintenant? Tu as pensé à cela? Abruti! J’en pleurerai  si je pouvais! Rends moi ma maison! Abruti! Sauvage! Sauvage! Je vais aller me plaindre!

– Que diras-tu! Je t’avais prévenu!  Tu as mérité la sanction!

Arrête de rire! Non et non! Je ne suis pas d’accord, tu pouvais faire autrement, jamais plus je ne te ferai confiance! Voilà tout ce que tu as gagné! Je te quitte! Je te quitte, je te quitttteeee! Tu l’as bien cherché aussi! Qui te fera la conversation? Hein! Tu y as pensé? Abruti! Le plus malheureux ce sera toi! Tu ne me mérites pas! Basta!

Gérard

Quelle intelligence ce cacatoès!

L’homme et le perroquet

  • Là, là, je ne veux plus nettoyer ce tas de rouille!
  • oooooh… que fais tu ma cage? ma cage…
  • non, je ne veux plus voir ce tas de rouille
  • non, mais pour qui tu te prends, je suis ton perroquet, tu me dois soins, gite et couvert.
  • Pas la cage, d’ailleurs elle est écrasée et tu fais des manières pour y aller
  • Sale type, tu es bien content de me demander de garder la maison… non?
  • oui ,mais cela n’a rien à voir avec ta cage, tu as des perchoirs en nombre.
  • nooooon, je ne préviendrai plus si un voleur entre
  • oh non Filou, je t’en prie, tu auras des bananes mûres à midi
  • nooooon je veux ma cage, ma caaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa ge
  • Bon, bon , ne t’énerve pas, je cède , je pars en acheter une neuve
  • une grande car on aura des petits ta femme va amener une demoiselle perroquet
  • Misère, 2 à soigner! divorce en vue
  • va acheter la cage , sinon je ne mange plus.

Françoise R’

Dès les premières notes……

Dès les premières notes légères comme la brise de ce matin là, les promeneurs du parc Monceau arrêtèrent leurs pas pour admirer le spectacle qui se déroulait devant leurs yeux: un homme vêtu de noir caressait de son archet le violon qui diffusait un air de sa composition, inspiré par l’oiseau de feu de Stravinsky, mais le clou du spectacle était cette femme transformée en oiseau, qui, en déployant ses immenses ailes, ressemblait à un papillon géant multicolore. Plus le violon égrenait ses notes légères, plus la créature dansait, ses pieds touchaient à peine le sol comme si elle allait prendre son envol. Elle virevoltait sous les premiers rayons du soleil qui donnaient en éclat particulier à ses ailes déployées.

Dès les premières notes de ce violon, un matin au parc Monceau, les promeneurs qui passaient par là, rentrèrent chez eux la tête pleine de rêves.

Le violoniste

DES LES PREMIERES NOTES …

La divine diva se déploya telle une fleur sous le premier rayon du soleil. Un à un, les volants plissés de sa longue cape glissèrent comme les cartes sur une table de jeux. C’était sensuel. Le musicien ne la quittait pas des yeux, ponctuant chaque glissement du tissu d’un mouvement vif de l’archet.

Maintenant, les bras étendus montraient la richesse des couleurs et l’illusion optique aidant, elle apparaissait tel un papillon géant prêt à s’envoler. La foule se tenait éloignée de ce prodige sans perdre un instant de cette féérique  démonstration de beauté.

Sur la pointe des pieds et quelques entrechats,  légère, la divine diva s’envola d’un battement d’ailes et se percha sur la branche basse du grand cèdre du Liban au dessus des spectateurs. Puis elle attendit les applaudissements qui ne venaient pas encore, la foule silencieuse et perplexe la contemplait comme une apparition.

Alors la belle se replia tel un éventail en entremêlant  le rouge et le rose et disparût sur les dernières notes du musicien.

Hélène

L’oiseau et le violon

Dès que les premières notes du violon s’envolent, comme par enchantement, l’oiseau de feu déploie ses ailes multicolores et tourbillonne dans une ronde échevelée ininterrompue. Je reste hypnotisé par la valse des couleurs entremêlées, soumises aux notes endiablées de la dextérité du violoniste, qui marque la cadence de son pied. Rien ne semble arrêter cette danse tourbillonnante irréelle, ce mouvement sans fin, dans les bleus, les rouges, les jaunes, un arc en ciel de couleurs magique. Et le violoniste joue, joue, l’archet virevolte sur les cordes, l’oiseau vole, saute, court, repart, revient. Mon esprit n’est plus là, il s’est détaché, toujours accompagné par le violon infatigable, mon esprit est à Venise, il survole le Carnaval, à la rencontre des couleurs, des masques, des costumes féeriques, de musique et de la fête.

 Gérard