y’a bon

Y’a bon BANANIA proclamait le joli petit négrillon souriant.

A l’heure de la sortie de l’école , un enfant planté devant , les yeux écarquillés semblait en transe.
Pressée, je passe.

Le lendemain même heure , un groupe d’enfants stationne.
Je m’arrête, pourquoi chuchote-ils?

L’un d’eux me dit:

 » t’as vu ? le bol est vide… »

Une mignonne affirme:

 » il l’a bu… il avait soif ,  il était fatigué. »

 » Surtout ne rien dire « pensai-je..

Je partis en les laissant extasiés devant ce miracle.

Françoise R’

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3 débuts de phrases pour se mettre en piste… avec 3 groupes de mots à placer en fin

Si le bonheur était obligatoire il serait remboursé par la Sécu mais n’y perdrait-on pas l’espoir? j’en serai malheureuse.

Il suffit d’une goutte pour faire déborder le vase de la colère.

Tout le monde devrait s’entr’aider , je laisserai les autorités compétentes s’en occuper.

 

Françoise R’

 

 

 

Celle qui…

Celle qui aime chanter par tous les temps

Celle qui aime rire, partager et donner à autrui

Celle qui nous emmenait en vacances quand on était petits

Celle qui nous faisait jouer toute la journée

Celle qui dépasse toujours ses difficultés et ne les étale jamais

Celle qui est toujours de bonne humeur

Celle à qui j’ai toujours voulu ressembler

Oui, j’ai toujours voulu lui ressembler.   Avec son visage rondouillard et sa bonhomie, elle allait de l’avant.Toujours. Seule pour élever ses quatre enfants, il y avait toujours une place pour un ou deux ou trois enfants de plus. Elle abordait la vie avec le sourire. Il y avait en elle une belle humanité, une douceur de vivre. Elle laissait tous ses problèmes au panier et ne montrait jamais ni tristesse, ni rancoeur, ni fatigue. Toujours levée avant la maisonnée, on ne la voyait jamais préparer le petit déjeuner ou un repas quelconque mais tout était prêt au moment où il  fallait. Jamais d’agressivité. Sa demeure abritait les rires et la jeunesse.

Aujourd’hui, elle a 86 ans et  n’a pas changé.

celle qui…

Celle qui n’aimait pas la viande

celle qui avait hérité des yeux bleu-clair d’une grand mère

celui qui lisait sans arrêt comme l’autre grand mère

celle qui ramassait des cailloux bleus

celui qui partit faire le tour du monde sur la Zelée

celui qui coupa la natte d’un chinois et ne dut son salut qu’à sa fuite

celui qui était fort comme un turc

celle qui aimait les chevaux et encore plus les juments suitées.

 

Elle n’avait jamais pu se résigner à tuer un de ses lapins élevés avec amour, une voila musique de la flotte.

sine s’en chargeait, alors elle ne regardait pas mais elle cuisinait le lapin avec art .Elle ne gâchait pas la viande et enseigna ce respect à ses enfants et petits enfants.

Elle, avec son visage pâle, ses nattes  brun- foncé et ses yeux bleu porcelaine, elle  avait une autorité naturelle. Ses enfante filaient droit .

Elle les emmenait voir des tas de choses: le bateau qui rentrait au port, le jardin botanique, la musique de la Flotte.

Elle avait été institutrice dans une école privée mais avait abandonné quand  deux de ses frères étaient normaliens.

Elle aimait lire et souvent son mari la trouvait dans son dictionnaire , vite ils préparaient le souper.

 

Françoise R’

 

Celle qui …, celui qui …

La distribution des prix.

Celle qui a rougi s’avance à petits pas.

Celui qui l’a nommée la regarde d’un air tendre.

Celle qui n’a pas eu les honneurs du podium trépigne et enrage.

Celui qui semble être son père est anéanti de honte.

Celle qui triomphe aujourd’hui embrasse le père et la fille écarlate, et ils s’en vont.

Un triomphe aujourd’hui, oui mais c’est son quotidien. Sa petite tête dodeline lentement lorsqu’elle remarque, avec délice, que tous la regardent. Sa bouille ronde rappelle qu’elle est encore une petite fille, qui arbore une jolie chevelure blonde de reine, dont les nattes sont le diadème. Ses lèvres forment en permanence une moue qui se veut désabusée, comme si elle dégustait du thé le petit doigt en l’air, en vérifiant les plis de sa jupe bleu marine. Les petits yeux de souris, que l’on devine derrière les lunettes teintées, brillent d’une malice mêlée à une sorte de dédain.

Son frère la taquine souvent, arguant qu’elle fait encore sa tête de pique-gaufres … Il ajoute: «Tu es encore petite, tu sais, mais tu as déjà des allures de grenouille de bénitier ! » Tout ce paquet de cruelles vérités lui est revenu à la figure. L’air supérieur, la morgue, le dédain, tout a disparu. Elle passe devant le père et sa fille, sans se retourner.