Imaginez vous a 17 ans, marchand de boissons fraiches ou de glaces sur la plage

Pendant les vacances scolaires, pas question de se tourner les pouces, il fallait rapporter quelques sous à la maison. Comme nous habitions près de la plage, lors de mes promenades et que le soleil tapait fort, j’entendais les promeneurs dire qu’un rafraichissement serait le bienvenu.Alors…….une idée germa : pourquoi ne pas monter mon petit commerce de boissons fraiches, juste à l’entrée de la plage ?

Tout d’abord, je me rendis chez l’épicier qui livrait les courses à la maison et lui exposait mon plan.

-mais, en voilà une bonne idée, m’a t-il dit, je vais t’aider car en plus, tu me feras de la publicité.

Il me prêta une planche, des tréteaux, un bout de nappe multicolore, un parasol, une grande lessiveuse avec un pain de glace pour stocker les bouteilles de limonade et pschitt à l’orange et citron. Le livreur de boissons rajouta des verres en pyrex et aussi des pailles. C’était le début de ces tiges en plastique qui servaient à boire le liquide dans le verre et même qu’à la fin, on pouvait faire du bruit en aspirant les quelques gouttes restantes, et nos parents ne nous grondaient même pas!!!!!!!

Voilà, j’étais prête derrière mon comptoir…..Oh là là…. j’oubliais l’indispensable: la boite en fer qui allait me servir de caisse.

Les curieux arrivaient, prenaient un verre, contents de voir ce nouveau commerce.

-vous ne vendez pas de glace, me dit l’un d’eux

-bientôt……. très bientôt, lui répondis-je.

 

Sea, sun, and … Rien.

 

Sea, sun, and … Rien.

J’ai 17 ans, je vends des glaces et des boissons fraîches sur la plage en été.

Oh, ce soleil, c’est tuant … Je n’aurais jamais cru. Et la concurrence, féroce : chacun a son pré carré, malheur à celui qui transgresse les codes, comme un musicien dans le métro. La roue de ma carriole s’enfonce régulièrement dans le sable.

Le pire : les pieds, les jambes, écorchés, lourds. Je crains l’entorse, le chômage technique. Un ado fait le paon, sous forme de roues élégantes, devant les filles. J’en ferais bien autant, moi, mais mes forces sont à bout. Le jeune homme, de mon âge, me toise et fait le malin en m’interpellant : « Hé, pousse la plus vite, ta brouette ! Sinon on te la renverse ! « »

Mais j’ai ma fierté : ne pas faire une tête de chien battu, ne pas répondre, surtout pas. Un homme m’appelle, de loin, du haut de la plage : « Ici, mon gars ! » Il faut remonter, mais ça vaut le coup : quatre glaces, les parents et deux enfants. Je suis redescendu, un des enfants crie vers moi : « Non, je voulais plutôt un Coca ».

J’enlèverais bien mon T-shirt. Et si je m’asseyais un peu, pour souffler ? Je ne dois pas être torse nu : gare aux coups de soleil.

Un vieux couple. Chacun, dans sa chaise longue, s’occupe. Lui lit un policier, elle fait des mots croisés. « Te voilà bien courageux, on n’en voit plus beaucoup, des comme toi ! Allez on va te prendre deux Oranginas. Garde la monnaie, va ».

Trois gosses me suivent. Ils n’ont rien trouvé de mieux que de me jeter du sable, si possible dans ma carriole, en braillant une chanson paillarde, apprise lors d’une soirée de barbecue familial, et à laquelle ils ne comprennent sans doute que goutte. Leurs parents les regardent d’un air attendri. Le père entonne, lui aussi, la chanson, avec un grand sourire niais, mais reçoit un bon coup de coude de sa femme.

Je me laisse tenter : « allez, je m’en offre une autre. De toute façon tout va fondre, maintenant. Il ne faudrait tout de même pas que je lèche tout mon fond de commerce. Cela m’a valu, l’autre jour, de me retrouver le soir sans le sou.

Inhumaine, cette journée mais… « Ça te fera les pieds », m’a dit le voisin, toujours si aimable, en me voyant revenir, hier.

Loïc

Dialogue d’un père à son jeune fils qui doit prendre la mer….

Pour Loïc, ce jeudi est un jour particulier car son père va le conduire au port, pour le présenter à son patron, Yann le MEUR , propriétaire du bateau de pêche « la Gallic ».

Pendant des jours, sa mère lui a confectionné son habit de marin et son baluchon avec quelques affaires rudimentaires. Le pantalon gratte un peu, mais au moins il le protègera des embruns.

-regarde mon gars, dit son père, le bateau est à quai et le grand bonhomme sur le pont, c’est le boss, mon cousin. Allez, traine pas la patte et viens !

-papa, dit le gamin, je ne veux pas aller sur le bateau, je ne veux pas être mousse, la mer me fait peur et le patron n’a pas l’ air commode……

-comment çà, réplique le père, t’as pas le choix, tes frères sont encore trop petits pour embarquer.

-je sais, dit Loïc, j’ai le mal de mer, je ne sais pas nager et j’aime pas l’odeur du poisson.

-eh ben mon gars, va falloir t’y faire ! hurle le père  en haussant les épaules, mais bon sang, que veux tu comme travail, hein, tu es en age de gagner des sous et aider tes parents!!

-je veux être paysan !!!!!travailler la terre,  conduire le tracteur et je ramènerai les légumes pour la soupe….

-taratata, insiste le père, la pêche c’est l’avenir, moi j’ai été pêcheur et ton grand père aussi. C’est à toi de prendre la relève et tu auras ta godaille, ta mère sera fière de toi. Un jour, tu auras ton propre bateau de pêche .

-mais……….

-pas de mais, mon petit gars, le père Le Meur nous attend, mais la marée, elle, n’attend pas.

Et Loïc pense à sa mère et ses frères qui seront fiers de lui. Il regarde une dernière fois la maison, et suit son père jusqu’au bateau.

Il y a trois sortes de …

 

 » Il y a trois sortes d’hommes :

Les vivants, les morts, et ceux qui sont en mer « . PLATON

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 » Il y a trois sortes de femmes : les mères, les filles et puis les amantes.  » – Soazig

Il y a trois sortes de femmes  » : les soumises, les révoltées, celles qui conquièrent.  » – Dany

 » Il y a trois sortes de femmes : les mères, les veuves et celles qui attendent au bout du quai le retour du bateau.  » – Hélène

 » Il y a trois sortes de femmes : des femmes courageuses, des femmes créatrices, des femmes de petite vertu.  » – Nicole

 » Il y a trois sortes de femmes : la femme enfant, la maîtresse femme, la femme maîtresse.  » – Maryse

 » Il y a trois sortes de femmes : celles qui soignent, celles que l’on soigne, celles qui se débrouillent.  » – Elise

 » Il y a trois sortes de femmes : les bonnes du curé, les femmes libérées, et les ménagères de plus de cinquante ans.  » – Loïc

 » Il y a trois sortes de femmes : les chochottes, les rigolotes et les cocottes.  »  – Gaëlle

 » Il y a trois sortes de femmes : les bonnes femmes, les femmes de mauvaise vie et les femmes d’affaires.  » – Annie

Il y a trois sortes de femmes : celles qui ont eu des enfants, celles qui s’en plaignent, celles qui se réjouissent de ne pas en avoir.. Françoise R’

 » Il y a trois sortes de femmes : Celles qui se voilent, celles qui mettent les voiles, celles qui se dévoilent ». Géraldine 

« Il y a trois sortes de femmes : les combattantes, celles qui abdiquent et celles qui vont en mer! » Gérard P.

 » Il y a trois sortes de femmes : les courageuses, les libérées et les femmes heureuses.  » Magdeleine

Il y a trois sortes de femmes : les dynamiques, les passives et les femmes amoureuses. Janie

 Il y a trois sortes de femmes : celles qui disent non, celles qui disent oui et celles qui disent … peut être !   Gérard P.

Abri du marin Ste Marine.

Non, non…père ! je ne veux pas…

  • T’as pas le choix mon fils
  • si!  le maître voulait que j’aille au lycée
  • c’est trop cher Iffic, on n’arrive qu’à peine à remplir l’assiette
  • Père, on aurait eu une bourse, ça n’aurait rien coûté! le maître l’a dit!
  • Iffic chez nous on ne mendie pas. Tiens voilà le  » BARA BREIZ » ton oncle est là.
  • Alors Mousse on embarque ? lance jovial Corentin.
  • Pas de réponse, Iffic baisse la tête. Son père géné se racle la gorge.
  •  ben.. il veut pas… mais y’a pas le choix…
    Regarde-moi Corentin, ici tu ne seras pas maltraité certes la mer te chahutera comme nous autres…
  • Iffic relève la tête: Je voulais étudier, aller au lycée.
  • Corentin prend à part le père, ça discute sec.
    Il revient en annonçant:
  • tu viens faire la marée avec nous, si tu es bon, je t’inscris à l’école des mousses à Brest pour les études, tu feras les marées avec nous pendant les vacances scolaires.
  • mes fils aussi ils sont aux études, notre pays va évoluer grâce à vous les jeunes.
  • Iffic sourit et saute joyeusement à bord.

Françoise R’

 

L’Abri du marin à Sainte-Marine

Dialogue entre le père et le fils avant l’embarquement

Il fait semblant d’être à l’aise quand il tient la main de son gamin.

Il fredonne même le refrain des marins   » gais et contents, nous allions tous triomphants …  »

Il fait semblant car lui sait combien la vie de marin pêcheur qui s’ouvre devant son petit gars va être difficile, rude, âpre, une vie de misère, mais que peut’il lui dire pour l’encourager ?

Il prend sur lui et toujours main dans la main, il commence à lui raconter. Un monologue s’installe :

Tu verras, les marins c’est une grande famille …

Tu retrouveras à bord tes oncles et même un cousin à peine plus âgé que toi …

Seul le silence obstiné du gamin lui fait réponse.

Et puis, penses à la fierté de ta première marée, à la godaille qui te sera donnée, pour ta mère c’est une grande aide …

La gorge serrée, le petit mousse émet un faible ah ! Il ne peut pas en dire plus. Ses souvenirs des retours de pêche de son père sont trop présents. Il le revoit bien saoul, tanguant d’un bord à l’autre du chemin, il pense à la pauvreté de sa masure, à sa mère dans l’angoisse se tordant les mains en guettant le retour du père.

Alors, son père lui donne ses derniers arguments.

Tu auras ton équipement, un gilet de laine, un caleçon long pour te protéger du froid, un bon kapo braz pour dormir et même un béret comme les hommes. Tout est prévu à bord, le capitaine se doit de penser à tout. Il y a une boîte à pharmacie qui  stocke les médicaments jusqu’à un petit livret, un guide pour soigner les hémorroïdes, faire des pansements …

Il ne termine pas ses phrases, il ne sait plus que dire.

Alors, ils vont main dans la main, fiers d’être des marins, d’un pas qui sonne sur les pavés du quai de Sainte-Marine.

 

Hélène.

 

 

L’abri du marin, à Sainte-Marine

Abri du marin

L’abri du marin, à Sainte-Marine.

Un père conduit vers le patron de pêche son fils (12 ans) , pour l’engager sur sa « première marée » … Dialogue entre ces trois personnages.

……………………………….

 » – Non, non, père, je ne veux pas. Excusez-moi, père. Excusez-moi, mais j’ai peur …

– Comment ça, tu ne veux pas ? mais c’est la tradition ! J’ai suivi mon père, moi, et il avait suivi son père, et tu me suivras, je te prie de me croire ! Serais-tu un de ces enfants qui osent s’opposer à leur père ?

– Allez, Iffig, obéis donc à ton père. Je te promets une première marée pas difficile, tu sais.

– Je n’ai pas peur du travail, mais de la mer, Patron Yann-Vari !

– Mais on a besoin de toi, bonhomme, tout de suite et pendant toute la durée de cette guerre interminable, pour ramener la godaille et l’argent de notre vente. Il faut les nourrir, nos familles, et comment faire, par exemple, pour tes petits frères et tes soeurs, et ta maman ? Nous ne sommes plus assez d’hommes à Saint-Marine.

– J’ai peur, père, et je ne serais pas utile sur un bateau, Patron Yann-Vari. Je serais plutôt une charge, pour la pêche et pour la vie à bord …

– Une charge ? Je m’occuperai vite de te mettre au pas, moi ! Tout ce qui ne sert à rien à bord, c’est balancé à la flotte, et vite fait, tu sais !

– Je sais, Patron, que ce que vous dites est exagéré, et ce n’est pas de ça que j’ai peur. Trop de tontons, de cousins, de pères de mes amis, ont disparu. Je ne veux pas subir leur destin. Et … j’ai peur aussi pour toi, papa …

– Il le faut, mon fils. Nous t’aiderons, t’accompagnerons, t’encouragerons. Tu pourras compter sur nous, hein, Yann-Vari ? tu verras, ça ira. Tiens, commence donc par avaler ce coup de fort, ça ira déjà mieux. Et cours chercher ton barda, embrasse ta mère en passant, et … sur le pont ! T’es un homme, maintenant. Torche ton nez, donc, et va aider à ranger les caisses. « 

Loïc

Les abris du marin, Wikipédia : 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abri_du_marin

Association des Abris du Marin :

http://www.lesabrisdumarin.fr/740_p_40860/historique.html